lundi 14 décembre 2015

Algama veut mettre des micro-algues dans nos assiettes

C’est l’histoire de trois amis d’enfance qui, leurs études terminées, décident de créer leur propre entreprise. "J’avais découvert les vertus des micro-algues pour des raisons médicales et Mathieu cherchait un projet de création d’entreprise pour sa dernière année aux Arts et métiers", explique Gaëtan Gohin, le cofondateur d’Algama. Avec Alvyn Severien, étudiant à Paris-Dauphine, et Mathieu Goncalves Alves, Gaëtan Gohin, alors étudiant à Centrale Paris, veut travailler sur la formulation d’ingrédients alimentaires à base de spiruline, une micro-algue à haute teneur en protéines et vitamines. "Grâce à un financement de nos écoles, nous avons développé un partenariat de recherche avec le CNRS", souligne-t-il.
L'opportunité : répondre à une demande croissante des consommateurs occidentaux pour des produits à base de protéines végétales se substituant aux protéines animales.
Algama - habile jeu de mots qui reprend la thématique des algues et le début de leurs prénoms - naît en novembre 2013. Springwave, une boisson antioxydante et revitalisante, est mise à l’étude. La ­start-up décroche 120 000 euros auprès des proches et 25 000 euros des business angels Xavier Niel, ­Jacques-Antoine Granjon et Marc Simoncini. La boisson, aujourd’hui distribuée dans les hôtels haut de gamme du groupe Accor, obtient deux prix de l’innovation au Salon international de l’alimentation en 2104.

Algama développe depuis peu des sauces à base d’une autre micro-algue, la chlorelle, que lui fournit le groupe français Roquette. Les recettes ont été concoctées dans le laboratoire du génopole d’Évry (Essonne), où la start-up est installée pour la partie technique. "Il s’agit de mayonnaise sans allergène, convenant aux végétariens, aux végétaliens et aux allergiques à l’œuf", souligne Gaëtan Gohin. Avec un chiffre d’affaires de 10 000 euros en 2015, la société attend beaucoup d’un accord avec une grande chaîne de distribution, pour atteindre 2 millions d’euros, en 2016…
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Source : usinenouvelle.com, Adrien Cahuzac, 12/11/2015

samedi 12 décembre 2015

Le marché des protéines s’annonce très prometteur à l'horizon 2030

Le marché des protéines s’annonce très prometteur dans les décennies à venir compte tenu de l’évolution démographique mondiale et surtout de la « faim de viande » d’une grande partie de la population des pays émergents.

Le pôle de compétitivité Valorial, qui se définit comme « le pôle de l’aliment de demain », organisait le 3 décembre dernier à Rennes un colloque sur le thème « Protéines 2030. Les demandes à saisir en France et dans le monde ». Son objectif n’était pas tant d’étudier de ce que l’on appelle de plus en plus communément les « protéines du futur », comme les micro-algues, les insectes ou les champignons, que les protéines plus traditionnelles, en particulier la viande, à l’horizon 2030. En clair, le futur des protéines, plutôt que les protéines du futur.

Pour cela, Valorial a réuni de nombreux experts particulièrement reconnus dans leur domaine de spécialisation, comme Anne Mottet, chargée de politiques d’élevage à la FAO, Nico Van Belzen, le directeur général de la Fédération internationale laitière, Yves Trégaro, de FranceAgriMer sur la viande, ou encore Céline Laisney, d’AlimAvenir sur les protéines alternatives (substituts de viande), que WikiAgri a d'ailleurs déjà eu l’occasion d’interviewer. Plus largement, on pouvait trouver parmi les intervenants à ce colloque des représentants d’institutions publiques (FAO, France Agri Mer, Bretagne Développement Innovation), d’organisations professionnelles (Fédération internationale laitière), de groupes coopératifs (Cooperl Arc Atlantique, Groupe Even) et industriels (Groupe Avril, Nutriset), mais aussi des chercheurs (INRA, Agrocampus Ouest) et des consultants (AlimAvenir, Nielsen). Un blog sur le site internet de Valorial est également dédié au colloque. On peut y retrouver des interviews de certains des intervenants. Enfin, ce colloque a été un succès puisqu'il a attiré pas moins de 230 participants.

Une demande croissante en protéines animales et végétales

Que doit-on retenir de ce colloque ? Ces dernières décennies, deux observations ont pu être faites dans le secteur des protéines. La première est un très net accroissement de la demande de protéines animales à l’échelle mondiale. Ainsi que l’affirme Jean-Paul Simier, le directeur Agriculture et agroalimentaire de Bretagne Développement Innovation (BDI), « la planète a faim de viande ». En 50 ans, la consommation de viande dans le monde a été ainsi multipliée par 4 pour atteindre 320 millions de tonnes : la consommation de volailles a même été multipliée par 8, celle de porcs par 3 à 4 et celles de ruminants (bovins et ovins) par 2. Deux données mentionnées durant le colloque tendent à donner la mesure de cette soif immense de viande dans certains pays : le prix du porc en Chine est actuellement supérieur au prix du porc en Europe et le cours de la queue de porc dans ce même pays atteint le niveau de celui de l’épaule…

Cette évolution a été néanmoins différenciée selon les régions. Cet accroissement de la demande en protéines animales a été prononcé dans les pays émergents et faible dans les pays développés. Cela se traduit notamment par une modification significative du marché international de la viande depuis quelques années. La volaille, que Jean-Paul Simier qualifie de « véritable viande planétaire du XXIe siècle », est ainsi appelée à devenir dans les années à venir la première viande produite dans le monde devant le porc. Il en est de même dans les échanges internationaux où la volaille fait désormais l’objet de davantage d’échanges que le bœuf, pourtant la viande la plus échangée durant une longue période.

Sur la base de ces constats, les questions-clefs posées par ce colloque étaient donc de savoir (1) si ces tendances sont susceptibles de se poursuivre d’ici à 2030, (2) si nous parviendrons à satisfaire ces besoins croissants en protéines, notamment animales, compte tenu des contraintes démographiques et climatiques et (3) comment réussir à saisir cette « superbe opportunité », selon l’expression d’Anne Lacoste, la responsable de la R&D chez Cooperl, que représente ce vaste marché qui s’offre aux producteurs et aux transformateurs.

Une demande toujours aussi forte d’ici 2030

D’après des données du cabinet de conseil BIPE, elles-mêmes la plupart du temps fondées sur des chiffres de la FAO, qui ont été divulguées par Luc Ozanne (groupe Avril) durant le colloque, la demande mondiale en protéines devrait croître de 40 % entre 2010 et 2030, avec une hausse de 33 % pour les protéines animales et de 43 % pour les protéines végétales. La croissance de la demande de protéines végétales devrait être en grande partie liée à la demande de l’Afrique subsaharienne et de l’Inde, et la croissance de la demande de protéines animales à celle de la Chine en particulier.

Ceci peut être expliqué par deux facteurs. Le premier est bien entendu la croissance de la population mondiale qui s’établirait à 8,4 milliards en 2030. Cela représente par conséquent un accroissement de 22 % de la demande alimentaire entre 2010 et 2030. Cette croissance démographique concernerait en premier lieu l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne. L’un des symboles de cette croissance est qu’à partir de 2017, il devrait y avoir plus de naissances au Nigeria qu’en Chine. Or, ce sont aussi les régions où la consommation de viande est le plus appelée à se développer dans les décennies à venir, notamment en lien avec la transition nutritionnelle.

Le second facteur est, en effet, la transition nutritionnelle que l’on peut observer dans les pays du Sud et les pays émergents suite à l’enrichissement et à l’urbanisation que les populations de ces pays ont pu connaître ces dernières années. Ce phénomène est maintenant bien connu. Il s’agit du passage d’un régime alimentaire contenant une faible quantité de protéines à un régime riche en protéines. Mais il tend à évoluer en plusieurs étapes. Luc Ozanne parle à ce propos de deux transitions alimentaires.

Baisse de consommation de viande de 2 % en Europe entre 2010 et 2030

La première transition se caractérise par un accroissement de la consommation de protéines, avant d’aboutir à une stabilisation. Durant la phase d’augmentation de la consommation, on peut observer, dans un premier temps, une consommation plus importante de protéines végétales, puis dans un second temps, de protéines animales. Ensuite, durant la phase de stabilisation, les populations tendent à consommer davantage de protéines animales que végétales. L’Inde et l’Afrique subsaharienne se situeraient dans la phase d’accroissement de la quantité de protéines végétales consommées, tandis que la Chine et la région Afrique du Nord-Moyen-Orient sont dans la phase d’augmentation significative de la consommation de protéines animales. A l’horizon 2030, Luc Ozanne estime que l’Inde et l’Afrique subsaharienne seraient dans cette phase de plus importante consommation de viandes, tandis que la Chine pourrait entrer dans la seconde transition alimentaire. Au total, en 2030, 56 % de la population mondiale devrait être dans cette première transition avec une consommation de protéines encore majoritairement végétales.

La seconde transition alimentaire se caractérise, quant à elle, par une stagnation de la quantité de protéines consommées suivie de deux évolutions possibles : (1) une baisse de cette consommation avec une réduction de la consommation de protéines animales, malgré une augmentation de celle de protéines végétales (c’est la transition dite « française »), (2) un accroissement de la consommation de protéines avec une hausse de celle des protéines végétales et une stabilité de celle des protéines animales (c’est la transition dite « américaine »). On devrait ainsi observer une baisse de la consommation de viande en Europe entre 2010 et 2030, de l’ordre de 2 %. Cette baisse serait d’ailleurs encore plus prononcée en Europe occidentale. Pour Luc Ozanne, le passage de certains PED à une seconde transition alimentaire pourrait cependant être plus rapide que ce que l’on a connu en Europe occidentale car celle-ci devrait même s’avérer nécessaire pour des raisons sanitaires (compte tenu de l’accroissement très rapide du surpoids et de l’obésité de la population de certains pays émergents) et environnementales.

D’immenses besoins protéiques à satisfaire

Alors comment parvenir à nourrir en protéines à l’horizon 2030 une population plus nombreuse et qui consomme davantage de protéines animales ? Produire plus de protéines implique en premier lieu d’accroître les terres arables. Selon Luc Ozanne, ces terres croîtraient de 3,4 % entre 2010 et 2030, mais avec une évolution très différenciées selon les régions : baisse prévisible en Europe et en Amérique du Nord, accroissement en Amérique latine et en Afrique subsaharienne qui disposent d’importantes réserves potentielles de terres non exploitées, ce qui n’est pas le cas pour l’Asie.

Produire plus implique aussi de limiter les gaspillages de récoltes et surtout de poursuivre l’amélioration des rendements. On est ainsi passé de 2,3 personnes nourries par hectare cultivé en 1960 à 4,5 personnes en 2010. Les projections pour 2030 fournies par Luc Ozanne indiquent que l’on pourrait passer à 5,3 personnes par ha cultivé. Cet accroissement des rendements pourrait néanmoins être limité par les effets négatifs du changement climatique. A ce propos, Luc Ozanne affirme que 50 % des études scientifiques prévoient un effet négatif du changement climatique sur les rendements à l’horizon 2030, et 50 % un effet positif. En revanche, à l’horizon 2050, on est plutôt dans un rapport 80-20.

En définitive, on devrait parvenir à satisfaire la demande en protéines à l’échelle mondiale à l’horizon 2030, mais avec des disparités accentuées selon les régions. Les déficits entre consommation et production de protéines devraient ainsi s’accroître en Afrique, en Asie et en Afrique du Nord-Moyen-Orient. Par ailleurs, il devrait y avoir de plus en plus de difficultés à satisfaire une demande en produits animaux en raison d’un déficit en tourteaux d’oléagineux, qui devrait avoir des répercussions sur la production de viande et donc sur son prix. La demande mondiale de tourteaux progresserait de 53 % entre 2010 et 2030. A cet horizon, la demande dépasserait l’offre de 15 %. Cela a d’ailleurs conduit plusieurs institutions à revoir à la baisse leurs perspectives de production de viande dans les décennies à venir.

Un marché très prometteur

Le marché des protéines apparaît par conséquent extrêmement prometteur. Christian Couilleau, le directeur général du groupe Even, estime ainsi qu’il est très positif d’être certain d’avoir un marché dans les décennies à venir, ce que beaucoup d’autres secteurs d’activités aimeraient avoir.

Si l’on effectue une synthèse des différentes interventions, on peut distinguer trois types d’opportunités. La première, la plus évidente, est celle du marché des pays émergents se situant dans la première transition nutritionnelle, « ceux qui ont faim », selon l’expression d’Anne Lacoste (Cooperl), et plus précisément qui ont « faim de viande » (Jean-Paul Simier).

Le second type d’opportunités correspond à un certain nombre de marchés spécifiques de protéines dans les pays développés, comme dans les pays émergents. Dans ce cas-là, l’offre doit chercher à répondre à des besoins nutritionnels spécifiques. Christian Couilleau a identifié trois de ces besoins : (1) le marché infantile dans le monde et notamment en Afrique, (2) le marché de ce qu’il appelle les « moments spéciaux de la vie » : personnes souffrant de maladies graves comme les cancers, gériatrie alors qu’un très grand nombre de personnes âgées souffrent de dénutrition lorsqu’elles sont en maison de retraite, et (3) le marché des sportifs. Chacune de ces catégories a des besoins nutritionnels propres auxquels le marché se doit de répondre. Christophe Couilleau y rajoute également un marché lié aux tendances à la mode, comme c’est le cas aujourd’hui du marché des « sans » (gluten, lactose, etc.).

Le troisième type d’opportunités consiste à tenter de répondre aux besoins en protéines des pays développés, de « ceux qui ont le choix » selon l’expression d’Anne Lacoste, qu’il convient, selon elle, de rassurer et de séduire. Dans un contexte où les populations des pays riches, comme la France, tendent à consommer moins de viande, mais aussi davantage de protéines végétales, et sont tentées pour une partie d’entre elles par le fléxitarisme – elles décident de manger moins de viande, sans être pour autant végétariennes car elles aiment la viande –, il existe certainement des opportunités dans le développement des protéines alternatives (micro-algues, champignons, insectes) ou encore des produits de substitution à la viande.

Céline Laisney a, en effet, souligné à quel point les substituts à la viande deviennent de plus en plus sophistiqués et se rapprochent de la viande. Ce fut, dans un premier temps, le tofu, puis les steaks végétaux pour en arriver aujourd’hui aux steaks à base de protéines végétales structurées qui ont une saveur et une texture de plus en plus proches de celles de la viande. Ces derniers sont notamment développés par des start-ups aux Etats-Unis. Mais des industriels de la viande plus classiques semblent s’y mettre également dans certains pays. C’est le cas en Allemagne où des industriels comme Wiesenhof commercialisent désormais des produits pour végétariens, par exemple une mortadelle et une saucisse, la célèbre Wurst allemande. On observe d’ailleurs une évolution similaire pour les produits laitiers avec des laits végétaux.

La difficulté d’anticiper l’avenir

Au final, les interventions étaient toutes de qualité et intéressantes, mais ce type de colloque tend à montrer toute la difficulté à pouvoir se projeter dans l’avenir, en l’occurrence à l’horizon 2030.

La tentation est, en effet, grande d’analyser la situation présente et le passé récent pour tenter d’identifier par extrapolation ce que peuvent être les évolutions de demain. C’est ce qu’ont fait certains intervenants avec le risque de sous-estimer les « chocs » ou les « ruptures » qui sont susceptibles de se produire d’ici là, que ceux-ci soient positifs (innovations technologiques, nouveaux acteurs « disruptifs » sur un marché) ou négatifs (catastrophe sanitaire, crise de confiance des consommateurs, crise économique, hausse brutale du prix des matières premières ou des denrées alimentaires, conflits, pandémies, etc.). A la fin des années 1990, lorsque l’on envisageait l’avenir dans le secteur de la téléphonie mobile, bien peu d’experts auraient pu imaginer, par exemple, l’avènement des smarphones qui ont tout changé dans ce secteur au point que le géant de l’époque, Nokia, qui n’a rien vu venir, a disparu aujourd’hui.

Une autre approche consiste à tenter d’identifier des « signaux faibles » ou des « faits porteurs d’avenir ». C’est également l’approche qui a été privilégiée par certains intervenants. Mais, en l’occurrence, il n’est pas toujours facile de les distinguer des « tendances à la mode », de fait éphémères. Le cas des régimes « sans » est assez symptomatique de ce point de vue : est-ce une simple mode sans lendemain ou bien une tendance émergente ? Il en est de même pour la consommation de micro-algues ou a fortiori d’insectes.

Enfin, une dernière approche consiste à s’appuyer sur un certain nombre de tendances lourdes, comme l’évolution démographique, les transitions nutritionnelles dans les pays émergents ou le changement climatique, pour tenter d’anticiper les grands enjeux futurs. C’est celle qui a été suivie par quelques intervenants, tels que Luc Ozanne, et c’est certainement celle qui permet le mieux d’appréhender ce que le monde de demain nous réserve : une demande croissante en protéines.
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Source : wikiagri.fr, Fougier Eddy, 11/12/2015

vendredi 11 décembre 2015

Ils imaginent la nourriture du futur à partir des boulettes de viandes Ikea

"Tomorrow’s Meatball" est une exploration de la nourriture du futur imaginé par Space10, un laboratoire d’innovation appartenant à Ikea. Space 10 a présenté, le 9 décembre 2015, ses alternatives aux classiques boulettes de viandes Ikea. 

Insectes, algues, impression 3D… La food aussi est un lieu d’innovation pour Space10, le labo de recherche indépendant d’Ikea. Basé à Copenhague, Space10 a présenté le 9 décembre 2015 «Tomorrow’s Meatball», une exploration de la nourriture du futur. Avec cette plongée dans un avenir pas si lointain que cela, le hub d’innovation d’Ikea cherche surtout des alternatives à la consommation de viande, qui est de plus en plus dénoncée comme responsable des problèmes environnementaux. D’après l’ONU, la demande en nourriture devrait augmenter de 70% ces 35 prochaines années. A la clé des problèmes de pollution de l’eau douche, de déforestation, d'érosion des sols, et plus encore… "Avec l’augmentation de la demande de nourriture, nous devons commencer à intégrer des ingrédients alternatifs dans nos repas quotidiens" explique Bas Van de Poel, un artiste en résidence au labo Space10.

"Rendre familier ce qui n’est pas familier"                                                                    

"C’est compliqué de photographier ce que nous mangerons dans un futur proche, des insectes, de la viande artificielle note Bas Van de Poel, nous avons voulu rendre familier quelque chose qui ne l’est pas" ajoute-t-il. Le choix de la boulette de viande Ikea était logique pour Kaave Pour, directeur de la création à Space10 : "Nous avons utilisé les boulettes de viandes comme un tableau des scénarios possibles de la nourriture du futur, car nous voulions présenter des recherches complexes de manière fun, simple et familière". Les boulettes de viandes sont aussi présentes dans différentes cultures, "des spaghettis italiens ou américains, à la boulette de viande suédoise, en passant par les keftas"  explique Kaave Pour. Très visuelle, l’exploration de territoires gastronomiques encore inconnus du Space10 questionne su
r la manière de consommer et les alternatives possibles dans un futur tout proche.
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Source : lsa-conso.fr, Charlène Lermite, 10/12/2015

mercredi 9 décembre 2015

Frankenfish et autres aliments “de laboratoire”

Les Etats-Unis autorisent pour la première fois la vente de saumon transgénique, baptisé “Frankenfish” par ses détracteurs. Une tendance à l’aliment “de laboratoire” qui prend de l’essor outre-Atlantique.

Il n’aura fallu qu’une vingtaine d’années pour que le saumon transgénique – baptisé « Frankenfish » par ses ennemis – soit officiellement autorisé dans les assiettes américaines par la Food and Drug Administration (FDA, agence de santé américaine). Il est l’œuvre de la société AquaBounty Technologies (Massachusetts) qui a créé un saumon grossissant deux fois plus vite que ses congénères en lui injectant des gènes de saumon chinook du Pacifique – pour accélérer sa croissance – et ceux d’une anguille de roche – pour résister au froid, qui stoppe cette croissance durant l’hiver. Le but de l’opération était clair  : produire et vendre deux fois plus vite en réduisant de moitié le coût de l’élevage. Pas question d’améliorer le goût ni la qualité, ni de modifier l’apparence, simplement de doubler les volumes et les bénéfices.

Dès le début de son processus d’homologation, « Frankenfish » a suscité l’opposition de nombreux secteurs  : associations de consommateurs, militants anti-OGM ou pêcheurs professionnels, qui ont multiplié les recours et les enquêtes d’impact pour retarder sa mise sur le marché. S’il apparaît prématuré d’évaluer les risques pour la santé humaine en l’absence de toute consommation de masse, la question de son éventuelle prolifération en milieu naturel et de la contamination des saumons sauvages en cas d’évasion de ses fermes d’aquaculture mérite d’être posée. Différentes études ont montré que le croisement entre saumons d’élevage et sauvages conduit à terme à l’affaiblissement, voire à l’élimination de ces derniers.

Pas de mention « OGM »

AquaBounty affirme avoir réglé le problème en élevant uniquement des femelles stériles (triploïdes) qui ne pondent pas, et en installant ses sites de production à l’intérieur des terres et en milieu fermé. Au Canada, où, en cas d’évasion, les petits « Frankenfish  » ne survivraient pas dans les eaux trop froides, et à Panama, où, à l’inverse, les eaux trop chaudes les condamneraient à une mort certaine.
La FDA a cependant précisé qu’en aucun cas ce saumon transgénique ne pouvait être élevé sur le territoire des Etats-Unis. Courageux mais pas téméraire  ! La mention «  contient des OGM  » n’a pas été jugée nécessaire sur les étiquettes. Puisqu’on certifie que «  Frankenfish  » est comestible, pourquoi ajouter plus de détails qui ne pourraient que susciter de la confusion chez le consommateur, tel est le raisonnement de la FDA. AquaBounty souligne de son côté que la production de ces saumons transgéniques sera créatrice d’emplois et contribuera à relever le défi de nourrir 9 milliards de Terriens à l’horizon 2050.

C’est l’un des principaux arguments de tous les promoteurs d’une nouvelle façon de manger, grâce à des aliments concoctés dans le secret des laboratoires. Le mouvement est en marche depuis quelques années sur la Côte ouest des Etats-Unis autour de la Silicon Valley où fleurissent les start-up décidées à briser le modèle alimentaire dominant. Comment  ? En remplaçant les protéines animales par des protéines végétales ou de synthèse, ce qui permettra en outre de réduire la consommation de viande, pour le plus grand bien de l’environnement et de la santé de l’humanité. Tel est le discours de base qui n’est pas destiné à un petit cercle de végétariens ou autres mais vise à convaincre l’ensemble du public.

Agriculture cellulaire

Selon Tim Geistlinger, de Beyond Meat, qui a créé un Beast Burger à base de pois jaunes du Canada et de 35 autres ingrédients, «  l’objectif n’est pas de produire un substitut à la viande mais un aliment riche en protéines, sans soja ni OGM  ». Ces «  nouveaux aliments  », fruits d’une agriculture cellulaire – à base de cellules souches ou artificielles –, se multiplient comme des petits pains  : mayonnaise sans œuf d’Hampton Creek, œufs sans poule de Clara Food, lait de vache sans vache et à base de levures de Muufri, viandes et fromages à base de plantes chez Impossible Foods…

Les «  nourritures  » ainsi produites gardent néanmoins l’apparence de leur nom et nécessitent un minimum de préparation avant d’être mangées. Avec Soylent (Soylent.com), on passe au stade supérieur. Plus question de perdre son temps à faire ses courses, à cuisiner ou à s’asseoir à table pour le repas, toutes activités nuisibles au travail et à la rentabilité. Soylent a la solution  : une poudre contenant tous les éléments nutritifs nécessaires au corps humain, qu’il suffit de dissoudre dans deux ou trois volumes d’eau et d’avaler vite fait avant de retourner devant son écran. Dix dollars la ration quotidienne de 2 000 calories, breakfast, déjeuner et dîner. L’équivalent du passage à la pompe à essence pour l’homme, qui pourra choisir son carburant sans plomb ou sans gluten en fonction des mélanges disponibles. Après le fast-food et la junk food, place à la « Frankenfood ». Appétissant, non?
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Source  : lemonde.fr, JP Géné, 09/12/2015

jeudi 26 novembre 2015

Les régimes «green» : aussi bon pour la planète que pour la santé ?

Végétarien, flexitarien, végétalien ou encore pescétarien, ces modes alimentaires séduisent de plus en plus. 

Supprimer steaks de bœuf et côtes de porc de son alimentation. Un choix d'alimentation tentant pour quiconque ne veut pas participer à l'élevage intensif et ce qu'il suppose de pollution. Mais pour rester en bonne santé, exclure les protéines animales doit rimer avec introduire plus de protéines végétales à ses repas. Et l'exercice est parfois difficile.

Ils sont tous deux docteurs en nutrition mais ne partagent pas le même avis sur les protéines animales. Le docteur Alexandra Dalu qui signe «Les 100 idées qui vous empêchent d’aller bien» (éditions Leduc.s) estime que l’Humain, en parfait omnivore, ne doit pas se priver de ces aliments «nécessaires» à l’organisme. Le docteur Jérôme Bernard-Pellet, auteur de «Comment manger moins de viande» (éditions La Plage) est cofondateur de l’APSARes, Association de Professionnels de Santé pour une Alimentation Responsable, qui fait la promotion d’une alimentation ayant l’empreinte écologique la plus faible possible. Il défend l’idée que les protéines végétales peuvent remplacer à 100% toutes les protéines animales. Nous avons confronté les deux.

Manger peu ou pas du tout de protéines animales est aujourd’hui devenu une tendance de vie, est-ce une bonne chose ?

Dr Alexandra Dalu : Si nous n’équilibrons pas nos repas, il y a risque de carences en macro et micronutriments, la frustration engendre par ailleurs des troubles du comportement alimentaire. Les régimes les plus stricts dont ceux qui suppriment toute protéine animale, sont parfois difficiles à suivre, contraignants et contre-indiqués pour les femmes enceintes, les gens malades, les adolescents en croissance, les enfants en bas âge, les sportifs de haut niveau…Si c’est contre-indiqué pour eux, autant dire que ce n’est pas idéal pour l’organisme. Aujourd’hui, on arrive dans une époque où il faut presque réhabiliter la protéine animale ! N’oublions pas que l’homme est historiquement chasseur-pêcheur-cueilleur et que les régimes crétois, méditerranéens et les études sur le régime des habitants de l'île d’Okinawa, sont les plus « cotés » au monde pour s’assurer une bonne santé cardio-vasculaire et de longévité.

Dr Jérôme Bernard-Pellet : Oui, sans aucune ambiguïté. En effet, il est désormais amplement prouvé qu'une alimentation majoritairement végétale voire 100 % végétalienne augmente l’espérance de vie. Il a été démontré récemment dans une étude de cohorte publiée en juillet 2013 dans le JAMA Internal Medecine. Inversement, une consommation excessive de viande rouge favorise le cancer du côlon, les maladies cardio-vasculaires, l'hypercholestérolémie, l'hypertension ainsi que le diabète de type 2. Même s'il faut bien sûr respecter le choix de chacun, les professionnels de santé ont intérêt à encourager une diminution de la consommation de viande. Il n'y a aucune contre-indication connue à ce jour pour les alimentations végétarienne et végétalienne d'après les études scientifiques qui sont synthétisées dans cette revue de la littérature de l'Association américaine de diététique. Les enfants, les femmes enceintes et les sportifs peuvent aussi suivre ce mode de vie s'ils le souhaitent.

Comment concilier préservation de la planète et de la santé?

Dr Alexandra Dalu : Celui qui préserverait le mieux la planète serait celui qui mange raisonnablement de tout, c’est donc l’omnivore qui justement varie les aliments. Imaginons une population qui ne mangerait que du végétal, il faudrait faire des champs à perte de vue, quel impact alors sur la terre ? Idem si nous ne consommions que des produits de la mer, cela favoriserait une pêche intensive. Ce sont des extrêmes à éviter que ce soit pour la santé ou en terme d’écologie, de commerce et de production. Il faut d’ailleurs notifier qu’à l’heure actuelle la CEE étudie les niveaux de pesticides que sont les perturbateurs endocriniens largement utilisés dans l’agriculture et ce qu’elle soit bio ou non. Les seuils selon l’INSERM sont contrôlés, mais les chercheurs de l’institut recommandent d’éviter les perturbateurs endocriniens retrouvés en trop forte quantité sur les végétaux pour la population la plus fragile telle que les fœtus surtout durant le 1er mois de grossesse, les enfants en pleine croissance, les personnes malades et les femmes enceintes à qui l’on conseille de consommer bio. Les personnes ayant une vie active intense et urbaine, doivent varier les plaisirs alimentaires en associant un fruit et un légume ou une crudité à son plat principal et faire de temps à autre des cures detox avec de la spiruline et de la chlorelle retrouvée dans des compléments alimentaires.

Dr Jérôme Bernard-Pellet : Végétaliser son alimentation est l'une des mesures les plus efficaces qu'un individu puisse prendre pour préserver l'environnement. La grande affaire est qu'il faut fournir en moyenne 10 calories à un animal pour n'obtenir en retour qu'une seule calorie sous forme de viande. Nourrir les animaux avec des végétaux qu'on pourrait consommer directement conduit ainsi à gaspiller environ 90 % des ressources en céréales et en légumineuses ! Ce sont 70 % des terres à usage agricole dans le monde qui, directement ou indirectement, sont consacrées à l’élevage d'après un rapport de la FAO. Par ailleurs, l’élevage émet plus de gaz à effet de serre que tous les moyens de transports réunis d'après ce même rapport.

Ne pas consommer de protéines animales, est-ce vraiment dangereux pour la santé ?

Dr Alexandra Dalu : D’un point de vue santé, il faut garder en tête qu’il y a risque de carence avec n’importe quel régime restrictif. Le meilleur conseil est de privilégier la variété des aliments, la richesse en aliments à haute valeur nutritionnelle, la « super food ». Il est par exemple démontré et rapporté dans le rapport de l’INSERM, que pour les seniors, un apport de protéines (poissons, viandes, œufs, produits laitiers) associé à une bonne activité physique est garant d’une bonne musculature luttant contre la sarcopénie (fonte des muscles), l’ostéoporose, le vieillissement physique en général et protège les fonctions cérébrales cognitives (langage, mémoire, coordination spatio-temporelle). Un apport nutritif insuffisant en macro et micro nutriments entraînent de nombreuses pathologies qui vont au delà des carences en fer, B12, B9. Deux études américaines récentes datant de 2014 publiée dans Cell Metabolism et l’autre dans Science, montrent l’impact bénéfique sur la longévité d’une petite restriction calorique en protéines animales avant l’âge de 65 ans mais pas au delà, donc attention !


Dr Jérôme Bernard-Pellet : Non, sans aucune ambiguïté. En vérité, les protéines végétales font mieux que les protéines animales. L'étude de cohorte du Dr Orlich ayant suivi plus de 73 000 patients pendant presque 6 ans l'a brillamment démontré. Non seulement la non-consommation de protéines animales n'a entraîné aucun préjudice chez les patients ayant choisi cette option mais par dessus le marché, elle a provoqué un allongement de leur durée de vie. Ceci fait prendre conscience que nous avons complètement surestimé l'impact négatif des éventuelles carences des alimentations végétarienne et végétalienne, largement compensées par des effets positifs. Le seul réel risque de carence concerne la vitamine B12 ce qui fait que je recommande une complémentation systématique avec 1000 microgrammes de vitamine B12 par semaine. La carence en vitamine D est un fléau de santé publique qui existe à la fois chez les omnivores et les végétariens par manque d'exposition au soleil. Inversement, les carences en vitamine B9, vitamine C et en fibres alimentaires sont plus rares chez les végétariens et végétaliens.
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Source : leparisien.fr, Lisa Malone, 26/11/2015

lundi 23 novembre 2015

"Les protéines végétales : répondre aux enjeux globaux" - Monographie de la Fondation Louis Bonduelle

La Fondation Louis Bonduelle vient de publier une nouvelle monographie sur les protéines végétales. Ce dossier scientifique répond à la question suivante : Et si l’avenir de la planète et des Hommes passaient par les légumes secs, les céréales, les graines et les noix ?

Dans le cadre de la COP21,  La Fondation Louis Bonduelle réaffirme l’importance des protéines végétales dans l’alimentation humaine, aussi bien par leur grande qualité nutritionnelle que par leurs avantages écologiques et économiques, évidents mais méconnus. Pour aller plus loin, la thématique des prochaines Rencontres de la Fondation Louis Bonduelle porterons également sur ce sujet. L’événement aura lieu le 7 juin à Paris.

Extrait

Selon les projections des experts de l’ONU, la consommation alimentaire mondiale devrait doubler au cours des vingt prochaines  années. Avec le défi de nourrir 9 milliards de personnes à l’horizon 2050, les préoccupations nutritionnelles, environnementales et de sécurité alimentaire engendrées par la production des aliments émergent au plan global.

Les protéines sont des nutriments essentiels à une alimentation équilibrée. Selon les zones géographiques et les cultures alimentaires, elles sont principalement apportées par des aliments d’origine végétale ou animale. Les protéines végétales sont présentes dans des aliments de haute valeur nutritionnelle. Souvent opposées aux aliments comportant des protéines animales, leur complémentarité devrait pourtant être valorisée.

Parmi les différentes approches préconisées, le développement de la production et de l’utilisation des sources de protéines végétales dans l’alimentation humaine est mis en avant.

En Europe, le marché des protéines végétales connaît une croissance lente mais régulière depuis 30 ans. Leur développement se heurte toutefois à plusieurs barrières, notamment sur les plans culturel et nutritionnel, d’où la nécessité de faire évoluer les perceptions et les comportements des consommateurs.

Télécharger la monographie sur les protéines végétales sur le site de la Fondation Louis Bonduelle (inscription gratuite)

mercredi 11 novembre 2015

Du haricot jaune au pois cajan: l'ONU a lancé l'Année internationale des légumineuses le 10 novembre 2015 à Rome

2016 sera l’année de la promotion des apports protéiniques et des effets bénéfiques sur la santé procurés par les légumes secs. 

Les légumineuses, notamment toutes sortes de haricots secs et de pois, sont une source bon marché, délicieuse et nutritive de protéines et de micronutriments essentiels et aux effets bénéfiques sur la santé et les moyens d’existence, en particulier dans les pays en développement, souligne aujourd’hui l'ONU dans un message annonçant le lancement en 2016 de l'Année internationale des légumineuses.

«Les légumineuses sont des cultures vivrières importantes pour la sécurité alimentaire de vastes tranches de populations, en particulier en Amérique latine, Afrique et Asie, où elles font partie de l'alimentation traditionnelle et sont souvent cultivées par les petits agriculteurs», a déclaré notamment M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Les légumineuses ont, au cours des siècles, constitué une partie essentielle de l’alimentation humaine. Et pourtant, leur valeur nutritive est généralement méconnue et souvent sous-estimée», a-t-il ajouté.

«Les légumineuses peuvent contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire et à la santé humaine, ainsi qu’à la lutte contre la faim, la malnutrition et les défis environnementaux», a indiqué de son côté le Secrétaire général de l'ONU M. Ban Ki-moon dans une déclaration écrite prononcée en son nom lors de la cérémonie de lancement de l’Année internationale des légumineuses.

Sous le slogan «Des graines nutritives pour un avenir durable», l'Assemblée générale des Nations Unies a déclaré 2016 Année internationale des légumineuses afin de sensibiliser sur les nombreux avantages que les légumineuses offrent, d’en stimuler la production et le commerce et d'en encourager de nouvelles utilisations intelligentes le long de la chaîne alimentaire.

Dans un geste symbolique après son allocution, le Directeur général de la FAO a planté une poignée de fèves dans un pot de terre au moment où il proclamait ouverte l'Année internationale des légumineuses.

Un potentiel inexploité

Les légumineuses font partie de la culture alimentaire et de l'alimentation de tous les jours du commun des mortels dans la plupart des régions du monde et constituent un ingrédient essentiel dans un grand nombre de plats nationaux ou régionaux, notamment le falafel, le dahl, le piment et les fèves au lard.

On trouve des centaines de variétés de légumineuses cultivées à travers le monde. Les plus populaires comprennent les différentes variétés de haricots secs, tels que les haricots rouges, les haricots de Lima, les haricots jaunes et les fèves, mais aussi les pois chiches, le niébé, les haricots à œil noir et les pois cajans (en savoir plus sur les légumineuses).

Les légumineuses sont une alternative aux protéines animales qui sont en général hors de portée des populations pauvres, ce qui les rend idéales pour améliorer les régimes alimentaires dans les régions moins favorisées de la planète. A titre d’exemple, les protéines procurées par le lait sont cinq fois plus chères que les protéines des légumineuses.

Du fait que les cours des légumineuses sont deux à trois fois plus élevés que ceux des céréales, elles offrent un potentiel supérieur pour tirer les agriculteurs de la pauvreté rurale et leur traitement représente des possibilités économiques supplémentaires, surtout pour les femmes rurales.

Les bénéfices sur la santé

Bien que de dimensions réduites, les légumineuses sont riches en protéines: le double par rapport au blé et le triple par rapport au riz.

Elles sont également riches en oligo-éléments, acides aminés et vitamines B qui sont, ainsi que l’a rappelé le Directeur général de la FAO, les éléments essentiels d'une alimentation saine.

Pauvres en gras et riches en nutriments et en fibres solubles, les légumineuses sont également excellentes pour la gestion du cholestérol et de la digestion. Leur forte teneur en fer et en zinc les rend un allié puissant pour combattre l'anémie chez les femmes et les enfants. Elles sont un ingrédient clé dans les régimes alimentaires conçus contre l'obésité et la prévention ou la gestion des maladies chroniques telles que le diabète, les conditions coronariennes et le cancer.

En raison de leur haute teneur nutritionnelle, les légumineuses sont un aliment de base dans les paniers alimentaires d'urgence et vu qu’elles ne contiennent pas de gluten, elles sont également appropriées pour les patients cœliaques.

Bienfaits pour les animaux et l'environnement

Les légumineuses ne sont pas seulement bénéfiques pour la santé humaine; elles améliorent aussi la santé des animaux et des sols tout en maintenant la biodiversité.

Les résidus de récolte de légumineuses sont utilisés comme fourrage pour augmenter la concentration d'azote dans l'alimentation animale, ce qui améliore la croissance et la santé des animaux.

Le Directeur général de la FAO a souligné en particulier la façon dont les propriétés fixatrices de l'azote des légumineuses améliorent la fertilité des sols, ce qui accroît la productivité des terres agricoles et élimine la dépendance à l’égard des engrais chimiques. Cela a d’ailleurs pour effet direct de réduire l’empreinte carbone et indirectement les émissions de gaz à effet de serre.

En outre, les légumineuses, en améliorant la santé des sols, enrichissent aussi la biodiversité du terreau où se multiplient les insectes, les microbes et les bactéries de toutes sortes.

Les légumineuses, en tant que groupe génétiquement extrêmement varié, détiennent également un grand potentiel pour l'adaptation au climat, car elles permettent aux agriculteurs de sélectionner de nouvelles variétés et d’adapter ainsi leur production à l'évolution des conditions climatiques.

Par ailleurs, l’utilisation des légumineuses comme cultures de couverture et dans les systèmes de cultures intercalaires – en les plantant entre d’autres cultures ou dans le cadre de la rotation des cultures – réduit l'érosion des sols et aide à lutter contre les ravageurs et les maladies des plantes.

Les co-présidents du Comité de direction de l'Année internationale des légumineuses, Aydin Sezgin Adnan et Nadeem Riyaz, représentants permanents de la République de Turquie et de la République islamique du Pakistan auprès de la FAO, ont prononcé, tout à tour, les discours d’ouverture et de clôture lors de la cérémonie qui s’est tenue aujourd’hui au siège de la FAO, à Rome. M. Mahmoud Solh, Directeur général du Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA), a également présenté un exposé au cours de cette cérémonie marquant le lancement de l’Année internationale des légumineuses.

Signalons enfin que les Années internationales précédentes relatives à l’agriculture avaient pour thèmes les sols, l'agriculture familiale et le quinoa.
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Source : fao.org, 10/11/2015